Au mois de juin, je m’avais lu que des romans américains et, depuis, c’est dans cette littérature que je suis le mieux. Il y a tant de questions complexes et différentes qui traversent ce grand pays. Loin des clichés de la mauvaise nourriture, des blockbuster et des émissions débilitantes, certains livres possèdent un incroyable souffle épique et nous offre une image nuancée et passionnante de l’Amérique. Une des auteurs qui me passionne le plus est Louis Eldrich.

Depuis quelques mois, je demande à ma Kube des livres parlant de la place des amérindiens. Après La dernière frontière , racontant un ultime sursaut d’orgueil, j’ai reçu Dans le silence du vent qui évoque les injustices faites aux indiens au 21ème siècle.

Dans le Dakota du nord, dans une réserve ojibwe, Géraldine est agressée et violée. Elle s’enferme alors dans sa chambre et dans son mutisme. Pour Joe, son fils de 13 ans la vie ne sera plus jamais comme avant. Il est confronté de plein fouet à la violence et à l’injustice faites aux indiens. L’enquête piétine et, avec ces amis, il mène ces propres recherches.

On suit le narrateur, Joe, tout au long du roman. On apprend les divers éléments de l’enquête en même temps que lui. Il voit les adultes changer autour de lui, hésiter à lui parler comme à un des leurs. Les adultes de sa famille tentent chacun à leur manière de l’aider à traverser cela. Ils sont parfois maladroits et doivent faire avec leur propre douleur. Il voit donc l’image de ceux-ci s’effriter. La figure de son père, par contr,e en sort grandi. Il devient un véritable modèle. Pour atténuer les absence d’une mère dévastée, ce dernier devient le centre de la vie de Joe. Conscient de l’impuissance de la justice tribal et du traitement différent réservé au victimes indienne, il essaye de le préserver de cette violence là. Mais ce dernier s’en rend bien compte, il comprend que sa mère ne peut pas être défendu comme il se doit à cause de lois abjectes. C’est une forme de passage à l’age adulte pour Joe.

Ce roman est aussi l’occasion pour l’auteur de décrire certains des rites et légendes de la culture indienne. On voit comment la religion catholique tente de s’implanter avec plus ou moins de réussite. Les divers cultes se côtoient et, même si la catholicisme gagne du terrain, les croyances et légendes indiennes perdurent.

L’ambiance de la réserve est bien décrite. Elle fonction en quasi autarcie et les non-indiens sont rares. Les règles y sont différentes et chacun veille les uns sur les autres, tout en se surveillant. Tout les personnages extérieurs sont en décalage où vite mis de côté. Seul le prêtre reste, mais il s’agit d’un homme atypique dont le chemin vers le sacerdoce fut tourmenté. Il existe un forme de compréhension mutuel et d’entraide forte.

On trouve aussi une très belle histoire d’amitié entre Joe et Cappy. Ils ont des liens forts et sont capables de beaucoup l’un pour l’autre. L’arrivée d’une fille dans le trio met quelques distances entre eux, mais de manière temporaire. Ils font face au monde des adultes qui s’ouvre à eux, fait d’injustice et de violence.

J’ai retrouvé un peu de Scout, l’héroïne de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur dans Joe. Les pères de deux enfants sont juristes et tentent de lutter contre le lois racistes. C’est aussi dans les deux cas la confrontation à l’injustice. La différence c’est qu’ici Joe est du côté de ceux qui la subisse.

 

Un autre roman de Louis Eldrich où il est d’avantage question de légendes et de magie : Ce qui a dévoré nos cœurs

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